Une mauvaise campagne agricole 2017 : l’année 2018 s’annonce difficile

jeudi 18 janvier 2018
par  JL Gaget
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Lors de notre mission à Bamako en novembre 2017, nos partenaires nous avaient alertés sur la faiblesse des récoltes agricoles dans les cercles de Diéma, Douentza et Nioro-du-Sahel du fait, notamment, de l’installation tardive des pluies, leur mauvaise répartition dans le temps et dans l’espace, leur arrêt précoce, et les attaques des insectes et oiseaux granivores.

Aujourd’hui, en cette mi-janvier 2018, des informations plus précises nous parviennent quant à la situation dans les cercles Diéma et Nioro-du-Sahel, via les intercollectivités l’UCD-Benso (cercle de Diéma et le SYCOTEN (cercle de Nioro-du-Sahel). Le Système d’Alerte Précoce (SAP) et la direction régionale de l’agriculture, à travers les données relayées par les services locaux, jugent la campagne mauvaise à moyenne dans la région de Kayes.

Dans le cercle de Nioro-du-Sahel, le rendement agricole est faible et largement déficitaire dans l’ensemble des communes : 600 à 700 kg/ha contre 900 à 1100kg/ha pour une campagne normale. D’après les prévisions du service local de l’agriculture, l’autosuffisance alimentaire à partir des récoltes faites sera assurée pour une période de 3 à 6 mois. Les communes les plus affectées sont : Gogui, Diabigué, Koréra-Koré, Baniré-Koré, Troungoumbé, Diarrah, Yéréré et Nioro-Tougouné-Rangabé. Les prix des denrées alimentaires connaissent de fortes hausses. Exemple à Koréra-Koré : le sac de 100 kg de riz est à 25 000 FCFA contre 14 500 FCFA en année de bonne pluviométrie. L’état physique des troupeaux est passable, mais au vu de l’affluence des animaux transhumants venus de la Mauritanie, la situation pourrait se dégrader. A noter également au niveau de la ville de Nioro-du-Sahel : une charrette d’herbe est vendue 7 500 FCFA contre 2 000 FCFA en temps normal. Dans les périmètres maraîchers, excepté dans ceux fonctionnant avec un système hydraulique à pompage solaire, le manque d’eau se fait aussi sentir : de nombreux puits ont déjà tari. Au vu des remontées d’informations et des recommandations du SAP, le Ministère de l’agriculture et ses services centraux envisagent à court terme la distribution gratuite de vivres et de semences pour venir en aide aux populations les plus touchées.

Dans le cercle de Diéma, la situation est tout aussi inquiétante. La période de soudure (mai à septembre) sera difficile si aucune mesure n’est prise. L’arrivée tardive de l’hivernage et les poches de sécheresse (19 à 25 jours sans pluie au mois d’août) ont considérablement réduit les emblavures et favorisé l’assèchement de certaines céréales (maïs, sorgho). La reprise des pluies en septembre n’a pas pu assurer le développement normal des spéculations. Les paysans comparent l’hivernage de 2017 à celui de 1984, année de la grande disette. Les greniers sont presque vides. Les céréales se font de plus en plus rares sur les marchés et à un prix très élevé. Le mil se vend actuellement à 750 FCFA le moud soit 250 FCFA le kilo contre 300 et 400 FCFA en année normale. JPEG - 92.9 ko Le maraichage viendra en appoint pour palier partiellement le déficit alimentaire. L’état des jardins est très satisfaisant et prometteur. Le réseau de spéculation maraîchère de Diéma a acheté cette année sur fonds propres 120 caisses de 25 kilos de semence de pomme de terre pour la somme de 3 000 000 FCFA. Les semences des autres spéculations sont disponibles à Diéma. L’élevage n’a pas senti de façon considérable les effets de l’insuffisance des pluies. Toutefois la ruée des transhumants venant de la Mauritanie autour des grandes mares du cercle de Diéma et aux abords du Baoulé va certainement créer des problèmes de pâturage. Pour l’heure, les troupeaux parviennent à se nourrir mais dans 2 à 3 mois, cela sera plus difficile ; encore plus avec l’augmentation des prix des aliments pour le bétail. Le service de l’agriculture du cercle de Diéma a produit un document « Plan de réponse - Campagne agricole 2017-2018 » afin de cerner les difficultés et envisager des solutions pour le bien-être des populations. En revanche, le commissariat exécutif de la sécurité alimentaire, dont le rôle est de venir en aide aux populations, ne s’est pas encore prononcé.


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Brèves

Gestion des ressources naturelles : Le bon progrès du cercle de Nioro-du-Sahel

jeudi 15 février

Le cercle de Nioro du Sahel a accueilli, du 8 au 10 février 2018, une mission de supervision des réalisations du Projet de gestion des ressources naturelles et changements climatiques (PGRNCC). La mission était conduite par le conseiller technique du ministère de l’Environnement, de l’Assainissement et du Développement Durable, Seydou Keïta. Il était accompagné de Boureïma Camara, directeur général de l’Agence de l’environnement et du développement durable (AEDD) qui assure la coordination du projet, de Moussa Sissoko, directeur de la Cellule de la planification et de la statistique de l’eau, de l’assainissement et du développement rural et de Moustapha Kanté, préfet du cercle. Situé à l’Est de Nioro, le village de Yéréré fut la première étape de la mission. C’est dans une ambiance festive que la délégation a été accueillie par le maire de la commune, Gagny Diawara. Après avoir souhaité la bienvenue à ses hôtes, il les a conduits sur les différents sites de réalisation. A quelques encablures du village se trouve l’espace d’arboriculture fruitière de Moussa Dembélé que la délégation a visité. Le verger d’une superficie d’un hectare a coûté 2, 7 millions de FCFA avec un apport personnel du bénéficiaire en nature d’une valeur de 271 950 FCFA. suite de l’article ICI

Afrique : les légumes indigènes, une solution contre la faim ?

mercredi 1er novembre 2017

CAMILLE LAVOIX 30/10/2017 Alternatives économiques

« Vraiment, vous n’avez jamais goûté du fonio avant ? Et personne ne connaît en Europe ? Mais vous n’avez pas internet ou quoi ? Ici, on en mange tous ! » Le chauffeur de l’Institut d’Economie rurale à Bamako hésite entre stupeur et ricanements. Il n’arrive pas à croire qu’un aliment aussi basique, et doté en outre de tant d’avantages, soit presque méconnu en dehors du continent. « Le fonio (comme le moringa, le bambara, et des centaines d’autres) est une graine indigène, qualifié par les économistes de « sous-utilisé ». Pourquoi « sous utilisé » alors même que des millions d’Africain plantent ces graines ? Parce que leur potentiel nutritionnel et économique est considérable, mais que leur culture n’est pas ou peu encouragée par les politiques publiques et qu’elles sont ignorées par beaucoup de chercheurs.Lire la suite

Elections le 17 décembre

vendredi 13 octobre 2017

Election des conseillers communaux, de cercles et régionaux : Le 17 décembre 2017 aura lieu l’élection des conseillers communaux dans les 59 communes des régions de Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal qui n’ont pas pu voter le 20 novembre 2016, en raison du climat sécuritaire . A la même date aura lieu l’élection des conseillers de cercles et des régions (Kayes, Koulikoro, Sikasso, Ségou, Mopti, Tombouctou, Gao et Kidal) ainsi que du district de Bamako. Le couplage de ces scrutins, selon le gouvernement, permettra notamment de réduire le coût et évitera de convoquer plusieurs fois de suite le même corps électoral.La campagne é aura lieu du vendredi 1er au vendredi 15 décembre 2017. Pour la première fois les conseillers de cercle, de région et du district de Bamako seront élus au suffrage universel direct.

Insécurité alimentaire et malnutrition : les bons points du PLlAM à Nara et à Nioro du Sahel

samedi 1er octobre 2016

Avec un taux d’exécution global de 78,55 %, le Programme conjoint de Lutte contre l’Insécurité Alimentaire et la Malnutrition (PLIAM) peut se targuer désormais d’avoir servi à quelque chose dans ses zones d’intervention, les cercles de Nara et de Nioro du Sahel. Le programme, qui tire vers la fin de sa première phase, a enregistré au cours de celle-ci des acquis très encourageants. A titre d’exemple, sur 42 investissements structurants prévu, 37 ont été réalisés au 30 Juin 2016, pour un montant global de 1,952 milliard de FCFA. 11 747 mutualistes ont bénéficié de soins de santé à travers les centres conventionnés, 86 % des femmes enceintes ont effectué des Consultations Prénatales au cours de leur grossesse et le taux de guérison de malnutris aigus modérés par an pour les adhérents pris en charge au niveau des CSCOM a bien augmenté. 92 % des enfants de moins de 5 ans dorment désormais sous moustiquaire imprégnées. Autres résultats, l’appui à 76 Unions de Banques de céréales pour 9 900 membres, qui disposent d’une opportunité de ravitaillement pendant la soudure, 17 Banques d’Aliment Bétail qui ont augmenté et / ou disposent de fonds de développement, 600 ménages vulnérables qui ont amélioré leur capacité de résilience face aux chocs et 185 organisations de Producteurs qui ont eu accès aux services des Structures Techniques. Enfin, 103 ouvrages hydrauliques réalisés ou réhabilités ont permis de desservir 44 000 Bénéficiaires .... Yaya Samaké Source : 22 Septembre En savoir plus sur http://maliactu.net/mali-insecurite...